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 La démocratie selon Niazov (le 16/01/2007 à 19h23)
Le 11 février sera un jour mémorable pour les Turkmènes, car ils éliront un nouveau président. A moins que… rien ne change vraiment. Après 21 ans de règne sans partage sur le pays, le président Niazov, qui se faisait appeler «Turkmenbachi», ou « père de tous les Turkmènes » est décédé brutalement. Le président par intérim – qui selon la Constitution ne devrait pas se présenter à l’élection – se présentera à l’élection. Il a d’ailleurs annoncé que le suffrage se déroulerait dans la tradition démocratique… telle que la concevait Niazov!
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 Le parcours (le 02/03/2007 à 10h28)
Selon nos plans,  nous passerons par la Turquie, l'Iran, le Turkmenistan, l'Ouzbekistan, le Kazakhstan, leTadjikistan, le Kirghizstan, la Chine (Xinjiang), le Pakistan et l'Inde.
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 Iran, la jeunesse muselee (le 29/03/2007 à 09h52)

Dans quelques jours, l′Iran fêtera Norouz, le Nouvel An iranien. Alors que les familles s’apprêtent à célébrer cette fête païenne, le quotidien de certains jeunes est étouffant. Bien loin du jeu politique du président Mahmoud Ahmadinejad sur la scène internationale et des idées des gardiens de la révolution, Mina, Farideh et Bijan bravent constamment les interdits.

 

En s’approchant de l’Université de Tabriz, une des grandes villes d’Iran, les voiles des femmes rétrécissent pour ne devenir qu’un alibi. Quelques étudiantes se risquent à porter des couleurs considérées comme provocantes. Il ne manque que quelques jours pour fêter Norouz, le Nouvel An iranien qui a lieu cette année le 21 mars de notre calendrier.

Malgré les vacances, le campus – interdit aux étrangers sans autorisation – grouille de monde : comme Farideh et Mina*, inscrites à la faculté d’anglais, les étudiants viennent réviser. « Par manque d’alternative », glisse Mina. Pour Norouz, la jeune femme de 20 ans se rendra en famille dans la ville de Mashad, un des lieux saints du pays. Farideh ira au bord de la mer, sur le Golfe persique, avec sa mère, sa sœur et son jeune frère. « Mon père se rendra à Mashad, précise la jeune femme. C’est quelqu’un de très croyant. » Contrairement à son amie qui ne se couvre que d’un simple voile, Farideh porte le tchador, grand voile noir qui la dissimule de la tête aux pieds.

 

Relation secrète

Après l’étude, les confidentes se rendent au parc Egoli, au sud de la ville. Une promenade ornée de bancs cercle un gigantesque bassin où flottent quelques barques colorées. C’est un lieu de détente prisé des Tabrizis, mais c’est aussi un endroit où l’on est mieux protégé des regards indiscrets : Bijan*, que Mina présente comme « un ami », a rejoint les deux jeunes femmes. « Notre relation est secrète, car ici, il est interdit pour un homme et une femme de se fréquenter s’ils ne sont pas mariés », explique Bijan, lui aussi étudiant en anglais. Bien qu’il n’ait que deux ans de plus que Mina, son bouc bien taillé et son regard sombre le font paraître presque trentenaire. « Alors nous feignons de nous croiser dans la rue "par hasard" », ajoute Mina avec un sourire complice.

Bijan devient grave : « Ici, tout est interdit. Je pourrais aller en prison pour avoir dansé. Je pourrais même être exécuté pour parler ainsi à des étrangers. Ils ont tout interdit. » "Ils", ce sont les gardiens de la révolution, une force parallèle à la police et à l’armée chargée de faire régner "l’ordre et la morale". Désabusé, Bijan dit préférer vivre n’importe où qu’en Iran, « même en Afghanistan ». D’ailleurs, le couple est unanime : ils ne veulent pas d’enfant. A quoi bon mettre au monde un fils ou une fille dans ces conditions, jugent-ils.

 

Propagande

Un policier longe le parc sur sa moto. Soudain silencieux, les trois étudiants l’observent jusqu’à ce qu’il ait disparu. Ils marchent à distance respectable l’un de l’autre. La conversation reprend sur la politique. Que pensent-ils des déclarations du président Mahmoud Ahmadinejad au sujet du programme nucléaire ? Ils hésitent, apparemment peu au courant des derniers rebondissements. « Je crois que Ahmadinejad et Condoleeza Rice sont parvenus à un accord », se risque Bijan. Il se justifie : « Le problème réside dans la propagande du gouvernement. Les journaux ne sont pas indépendants, et nous n’avons aucune idée de ce qu’il se passe en réalité. »

Il est interrompu par la sonnerie du portable de Mina. L’expression rieuse que cette dernière affichait depuis le début de l’après-midi disparaît d’un seul coup. « C’était ma mère, annonce-t-elle. Je dois rentrer pour cinq heures, je n’ai pas le choix. » Puis, écoeurée, elle ajoute : « Vous vous rendez compte de la façon dont nous vivons ? A 20 ans, je suis considérée comme une enfant, par mes parents et par le gouvernement. »

 

 

* Prénoms d’emprunt

 

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 Un dimanche pluvieux a Tashkent (le 08/05/2007 à 08h44)
En voyage aussi, parfois, le dimanche provoque la nonchallence, voire la lassitude.
Nous sommes coincees ici en attendant nos visas chinois. Nous commencons a connaitre par coeur le bazar anime et les stations de metro demseruees, plaquees de marbre. Apres la frenesie iranienne, ce mois en Ouzbekistan nous a semble incroyablement calme.

Calme d'abord en raison de l'architecture sovietique: des allees gigantesques et pourant desertes. Des immeubles disproportionnes, delabres, et deserts eux aussi. Du marbre planc et froid sur les places dont les noms rivalisent, entre referneces communistes et tirans artificiellement nommes heros nationaux. Les splendeurs d'Asie centrale, ses mosquees et medresas vieilles de plusieurs siecles tronent en silence a Boukhara, Khiva et Samarcande. Magestueuses, elles rappellent aux touristes l'epoque faste de la route de la soie.

L'Ouzbekistan est calme aussi par ses habitants. Karakalpaks, Russes, Ouzbeks, Tadjis partagent une discrete bienveillance a l'egard des touristes. L'interet pour la Suisse se manifeste par quelques sourires et des questions sur le climat et la capitale. Ici, on ne fustige pas le gouvernement ou la religion, peut-etre en raison des micros que l'on signale d'un bref coup d'oeil au plafond.

Enfin, l'Ouzbekistan est calme grace a notre etat d'esprit. Profinant de la visite de Gregory pour deux semaines, nous nous sommes laissees lezarder au soleil deja estival et avons profite pour recupere des aventures precedentes. Le tourisme de masse et la barriere de la langue nous contraingnent aussi a ne voir du pays que sa superficie. Alors nous apprecions la capitale pour ses opera, ses restaurants italiens et ses musees.

Dans trois jours, inch'Allah, notre visa chinois en main, nous franchirons la frontiere tadjike poru plonger au coeur du massif Pamir, ou le calme risque la de nous couper le souffle.
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